Vendredi 14 janvier 2022
Masterclass de Walter Hus
À propos de cette masterclass
« Lorsque je peux penser quelque chose par moi-même, lorsque j’ai une idée, en réalité cela ne m’intéresse déjà plus, car elle existe déjà dans ma tête et ne comporte aucune surprise. Mais lorsque deux idées entrent en contact et qu’ensemble elles créent quelque chose de nouveau qui me surprend, alors tout mon être s’enthousiasme et je m’engage dans cette direction. »
Ce qui est excitant, c’est de se découvrir en chemin, plutôt que d’être contraint par un plan ou une dramaturgie préexistante, comme celle d’un film. Mais l’expérience m’a aussi appris que les contraintes, les règles, un cadre de quelque nature que ce soit, peuvent aider à la création musicale ou à l’écriture d’une partition : en étant obligé de suivre certaines règles, on découvre souvent une trajectoire dont on ignorait l’existence et que l’on n’aurait jamais empruntée autrement.
Le compositeur et musicien Walter Hus discutera avec nous des possibilités du son au cinéma et partagera son expérience.
A propos de Walter Hus
Walter Hus est pianiste de formation classique. Son goût pour l’improvisation l’oriente d’abord vers le jazz. Son rêve initial était de parcourir le monde en tant que pianiste (de jazz). Dans les années 1980, il cofonde le groupe d’avant-garde belge Maximalist et tourne à travers le monde avec cette formation. Ils développent une musique radicale : un minimalisme fondé sur une confrontation contrapuntique.
De manière inconsciente, Walter Hus compose dès le départ une musique conçue comme une superposition de couches, où l’ensemble, l’effet global, résulte de leur interaction. Il développe une forme d’obsession pour le contrepoint, où des lignes complexes coexistent, ce qui constitue pour lui une interprétation sonore du monde tel qu’il est.
Il devient compositeur presque par hasard lorsqu’on lui demande d’écrire la musique d’un défilé de mode de Yamamoto. Dès lors, les commandes s’enchaînent. Après avoir interprété un répertoire classique et ses propres pièces pour piano, il explore ensuite de nombreux styles musicaux en collaborant avec des orchestres et ensembles de toutes sortes, des écrivain·es, artistes visuel·les, dessinateur·rices, artistes rock et techno, ainsi que des metteur·es en scène, chorégraphes, cinéastes et développeur·ses de jeux vidéo.
Parmi ses collaborations figurent notamment la Rosas Dance Company, Roxane Huilmand, Jan Ritsema, Guy Cassiers, Needcompany, Hybrid Dance Company, Ben Okri, Peter Greenaway, Chris Ware, Tale of Tales, Frederic Rzewski, Fatoumata Diawara, Guo Gan, DJ Push, Peter Krüger, Many Riche, l’ensemble Spectra, le Quatuor Arditti, ainsi que l’Orchestre philharmonique de Bruxelles, entre autres.
En 2000, il découvre l’Orchestrion Decap, un dispositif automatisé contrôlé par ordinateur, développé par la société belge Decap, comprenant orgues et percussions. Cette découverte marque un tournant : il comprend alors l’importance de la texture sonore comme élément musical, au moins aussi déterminant que la succession des notes elles-mêmes.
Il se met à explorer cet instrument, composant des paysages sonores, des opéras, des musiques de film, des musiques de scène et des morceaux de rock, tout en collaborant avec des projets de recherche sur l’énergie éolienne, en revisitant des morceaux techno des années 1990 et en développant de nombreux projets hybrides.
L’Orchestrion Decap a donné une nouvelle dynamique aux musiques de film de Walter Hus. Non seulement il dispose désormais de son propre orchestre, en quelque sorte, avec lequel il peut faire jouer immédiatement sa musique, mais il peut aussi inventer de nouveaux types de sons, comme s’il pouvait modeler le vent lui-même, créant ainsi des paysages sonores qui entrent en dialogue contrapuntique avec les images du film.
En 2015, il reçoit le Prix Ensor au Festival international du film d’Ostende pour la bande originale du film N – The Madness of Reason de Peter Krüger.