L’être fantomatique de la voix off, par Jan De Coster
Vendredi 26 septembre 2025
14h30–17h00
Beursschouwburg (Bruxelles)
Programme
À partir d’extraits d’un large éventail de films, ce séminaire explore l’essence de la voix off : un mode d’expression propre au langage cinématographique qui, à l’instar de la musique, opère dans l’espace extra-diégétique du film.
La parole entretient invariablement une tension avec l’image.
Une voix off rythme, suggère, fabule ; elle peut être fiable ou non, mais surtout, elle est inévitable.
Une phrase prononcée peut frapper comme un coup de massue.
La voix off est une arme capable d’ouvrir un film comme un ouvre-boîte, de charger les images comme une batterie ou de renverser un film sens dessus dessous, à la manière d’une pince qui le saisit fermement.
La voix off est une matière essentielle du cinéma, au même titre que l’image, le son et le temps ; elle constitue un moyen privilégié de réguler une distance cinématographique.
Nous supposons qu’une voix « appartient » à quelqu’un — ou plus précisément, à un corps. La voix exprime ainsi le corps tout en l’habitant : elle est à la fois organique et étrangère, une « caractéristique » qui exprime également une forme de subjectivité. Dans son rapport à la parole, la voix est à la fois « chair » et « sens » : dans les mots, nous entendons « une voix encore mystérieuse, indéterminée, sur le seuil du sens ».
À travers des extraits de cinéastes contemporains, de films du vieil Hollywood, de films de coach·es SIC ou d’ancien·nes participant·es du SIC, nous explorons la manière dont la voix off fonctionne comme « chair » ou comme « signification » au cinéma.
Celles et ceux qui souhaitent s’aventurer dans la voix off doivent partir au combat préparés :
D’où vient la voix ? Qui parle, et à qui ?
Avec quelle intention s’exprime-t-elle, et quelle est sa sonorité ?
Par quels détours et quelles torsions peut-on modeler l’effet d’une voix off sur le spectateur sans expliciter l’évidence ?
Et au fond, comment décrire une voix ?
Chaque tentative révèle à quel point sa singularité demeure insaisissable.
Une chose est certaine : la voix exerce un pouvoir sur le corps. Telle est la leçon du mythe des Sirènes, dont le chant ensorcelant submerge les marins de désir jusqu’à les conduire à leur perte, précipitant leurs navires contre les rochers.
A propos de Jan De Coster
Jan De Coster est diplômé en réalisation de l’école de cinéma RITCS et titulaire d’un postgraduat en études culturelles de la Vrije Universiteit Brussel. Il a écrit et réalisé les courts métrages Los Hervideros et The Thread, ce dernier ayant reçu un prix au festival de Locarno. Il travaille principalement comme monteur sur des documentaires, des films expérimentaux, des installations vidéo ainsi que des films de fiction (courts et longs métrages).
Il a notamment collaboré avec Renzo Martens sur les films Enjoy Poverty (2008) et White Cube (2020). Il a également participé comme monteur à des films de fiction tels que Bodkin Ras de Kaweh Modiri, The Chinese Dog (court métrage) de Lut Vandekeybus et Tvano Nebus de Marat Sargsyan. Il a travaillé avec des artistes comme Sara Vanhee (On Justice) et Edurne Rubio (Ojo Guareña). Depuis 2013, il est tuteur à l’école de cinéma KASK à Gand.
Informations pratiques
Date : Vendredi 26 septembre 2025
Horaire : 14h30–17h00
Lieu : Beursschouwburg (Rue Auguste Orts, Bruxelles)
Les billets donnent accès à l’ensemble du programme du vendredi 26 septembre :
10h00–13h00 | Étude de cas : Works, par Eva van Tongeren
14h30–17h00 | Étude de cas : L’être fantomatique de la voix off, par Jan De Coster
