Focus

SoundImageCulture (SIC) est un collectif de cinéastes qui fonctionne comme un laboratoire de pensée créative. Engagé dans une réflexion éthique, interculturelle et bicommunautaire, SIC reste attentif aux nouvelles approches critiques et aux évolutions artistiques. Nous interrogeons les langages, leurs modes de représentation et les dynamiques de pouvoir qu’ils produisent.

Animé par le désir d’ouvrir ces espaces de réflexion — habituellement partagés entre artistes et chercheurs — à un public plus large, SoundImageCulture organise tous les deux ans un symposium intitulé Focus.

À travers ces rencontres, nous cherchons à ouvrir de nouveaux débats, à accueillir d’autres questions et à tisser des liens qui permettent d’élargir les perspectives et de nourrir une compréhension commune.

En 2020, nous avons ainsi présenté Aesthetics of the Political, un symposium en deux volets consacré à la manière dont la pensée politique critique peut s’incarner dans les images, les sons et la nourriture.

– Première partie Dinner of Disappearance
– Deuxième partie Critical Images

En 2022, Boundary Encounters prenait la forme d’un symposium consacré à l’hybridation dans le cinéma, explorant l’usage de stratégies fictionnelles dans des films ancrés dans le réel.

En 2024, le symposium Plongées Numériques s’intéressait aux nouveaux médias et à leur action — visible comme invisible — dans la transformation et l’avenir de nos sociétés.

En 2026, le Focus Language, Place and the Politics of Presence explorait le cinéma comme forme d’expression environnementale, en examinant comment le film — contrairement au langage — absorbe et recompose un monde multisensoriel tout en révélant les relations complexes entre le corps humain, la technologie et les environnements post-industriels.

2026 Focus: Language, Place and the Politics of Presence

Ce programme s’appuie sur l’idée du film comme forme de langage, tout en reconnaissant que le cinéma ne peut fonctionner comme un système linguistique conventionnel. Contrairement à la langue, qui peut être décomposée en unités distinctes telles que les mots ou les lettres, le film demeure indissociable de la complexité du réel. Il capte et recompose un environnement multisensoriel — linguistique, corporel, technologique et écologique — faisant du cinéma un médium qui échappe aux catégorisations trop nettes. Ainsi, le rapport du cinéma au langage n’est pas seulement une question théorique : il influence la manière dont nous comprenons ses dimensions sociales, environnementales et politiques.

S’inspirant du livre de David Abram The Spell of the Sensuous (1996), qui avance que le langage permet à l’environnement de s’exprimer à travers le corps humain plutôt que de séparer l’humain de la nature, ce focus envisage le cinéma comme un outil d’expression environnementale. À travers des œuvres contemporaines et historiques, il explore la manière dont le film médie la relation entre le corps et son environnement. Il rappelle également que le cinéma est au cœur de la modernité industrielle et qu’il continue de rendre compte des expériences post-industrielles du lieu, le réel se trouve sans cesse façonné par des processus de rupture, de dissociation et de transformation.

Jeudi 26 & vendredi 27 février 2026 | 10:00 – 18:00 au Pianofabriek (Bruxelles)

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2024 Focus: Plongées Numériques

Née en 2020 sous la forme d’une théorie du complot selon laquelle les interactions en ligne étaient principalement le fait de bots et pour des bots, et que l’internet était pratiquement dépourvu de toute présence humaine réelle, la « théorie de l’internet mort » a connu un regain d’intérêt dans le sillage de l’IA générative. À tel point que certains experts vont jusqu’à prédire que d’ici 2026, la moitié du contenu mis en ligne sera effectivement généré automatiquement par des agents non humains. La plupart des images publiées en ligne seront bientôt créées par des algorithmes ciblant d’autres algorithmes.

Ce programme, organisé par l’artiste et cinéaste Nicolas Gourault, vise à étudier la politique et la poétique des images générées par ordinateur dans le cadre de la réalisation de films documentaires. Il explorera certaines stratégies par lesquelles les cinéastes font face à cette mer croissante de bruit numérique qui pourrait bientôt devenir le monde dans lequel nous vivons. Le premier programme se concentrera sur la dynamique sociale et les luttes impliquées dans la production de preuves dans un monde saturé par les algorithmes d’engagement des médias sociaux et le contenu génératif. Le second programme se penchera sur l’imaginaire visuel du contrôle et de la fluidité intégré dans la simulation informatique et présentera quelques tentatives de pirater ou de briser ce discours hégémonique qui tente de façonner la façon dont nous envisageons l’avenir.

Samedi 23 novembre 2024 | 17:00 & 20:00 à Projection Room (Bruxelles)

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2022 Focus: Boundary Encounters

« Il existe un mouvement constitutif de la fiction moderne, qui déplace son centre de gravité depuis son coeur traditionnel, constitué par les noeuds des événements narratifs, vers ces bords où la fiction se trouve à sa possible annulation …des bords où la fiction accueille le monde des êtres et des situations qui existaient auparavant à ses marges: les événements insignifiants entre ce qui arrive et ce qui simplement passe.

Ce sont aussi les frontières incertaines entre ce qui est réel et ce que l’on invente. Ce sont enfin les bords où le récit qui entend documenter le réel, s’approprie des formes de la fiction déclarée. »

Jacques Rancière – Les bords de la fiction.

Plus d’informations sur le Focus: Boundary Encounters

2020 Focus:  Aesthethics of the Political —
Dinner of Disappearance / Critical Images

« La politique porte sur ce qu’on voit et ce qu’on peut en dire, sur qui a la compétence pour voir et la qualité pour dire, sur les propriétés des espaces et les possibilités du temps.

C’est à partir de ceci qu’on peut poser la question des pratiques esthétiques, au sens ou nous l’entendons, c’est-à dire des formes de visibilité des pratiques de l’art, du lieu qu’elles occupent, de ce qu’elles font au regard du commun. »    Jacques Rancière

Pour plus d’informations sur le Focus :